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Styven Piché, guide de chasse et pêche

Styven Piché a toujours voulu vivre des expériences liées à la chasse et à la pêche. Bien avant de toucher sa première canne à pêche, Styven pouvait passer des après-midi complets à observer les pêcheurs de saumon sur les rives de la Jacques-Cartier, une rivière où ce poisson se fait actuellement rare. En tant que guide de chasse et de pêche, Styven comprend d’autant mieux l’importance du rôle qu’il joue dans la conservation des populations fauniques et considère la pratique de son métier comme un privilège.

 

 

 

Poste :
Préposé aux activités et guide de pêche
Employeur :
Réserve faunique des Laurentides
Localisation :
Secteur Croche-McCormick, réserve faunique des Laurentides
Fonctions :
Accueillir les clients; superviser des clients lors de la pêche; préparer et assurer l’entretien de l’équipement (chaloupe, moteurs, etc.) et des bâtiments; renseigner sur les techniques de pêche et d’embarcation; aider à prélever le poisson convoité; préparer le repas du midi sur la rive des lacs (shore lunch); informer les clients sur l’apprêtage du poisson; renseigner sur les techniques de conservation; s’assurer qu’aucune infraction à la loi ne soit commise; veiller au confort et à la sécurité des clients.

« Pour être à l’aise dans ce métier, il faut être un amant de la nature et un passionné de plein air. »

Champs d’intérêt
« Quand le printemps s’installe, j’ai hâte que les clients arrivent et j’ai envie de leur faire vivre une belle expérience. On est là pour ça! » Pour Styven Piché, le début de la saison de pêche n’a pas son pareil : il retrouve alors la tranquillité de la forêt. « On déconnecte complètement, confie-t-il. Il y a naturellement un peu de pression et on doit bien savoir saisir les attentes des clients, mais quand on fait vivre de belles expériences aux autres, c’est aussi nous qui en vivons. »

Des inconvénients? Il en voit très peu, mais il avoue que le métier de guide de chasse et pêche n’est pas de tout repos. « Guider, c’est loin d’être des vacances, ça donne parfois l’impression d’être un éducateur en garderie! » lance-t-il en riant. « On s’occupe de tout, du nettoyage des chalets jusqu’à la préparation des repas, sans oublier l’enseignement des techniques de pêche et le guidage des clients ». Pour certains contrats, il doit aussi s’absenter pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Malgré ces réalités, on sent qu’il aime déjà la liberté que ce métier lui offre. Jusqu’à maintenant, il a reçu de nombreuses offres en vue de guider la chasse au caribou dans le Nord-du-Québec et il a eu la chance de superviser des activités de chasse à l’oie blanche dans la réserve nationale de faune du cap Tourmente. Il se promet également de poser un jour le pied à Anticosti, où il rêve de guider la chasse au chevreuil.

Qualités recherchées
Selon Styven, la qualité première d’un bon guide de chasse et pêche est la polyvalence. « On ne l’est pas au départ, mais on le devient. Il faut aussi être débrouillard et éviter que le client ne répare le moteur de la chaloupe à notre place », ajoute-t-il. Côté tempérament, il est essentiel d’avoir une certaine autorité, car il y a certains risques associés à la pratique de la pêche. « Les clients sont souvent en vacances et s’il arrive une situation difficile, dans le cas où une embarcation chavire par exemple, il faut être capable de demeurer en contrôle et de faire preuve de leadership », précise Styven.

Aimer communiquer et être sociable permet de développer un bon contact avec les clients, car selon Styven, le principal défi est de répondre à leurs demandes. « Une belle journée, ce n’est pas uniquement avoir du succès à la pêche, c’est aussi faire un bon lunch, ne pas faire brûler les patates, être constant et toujours développer de nouvelles connaissances. C’est toujours intéressant de parler cuisine, de faune et de montrer et d’appeler les animaux, plein de petits moments comme ça qui font qu’on a fait une bonne journée », explique-t-il. « La photo d’un orignal, qu’on a fait s’approcher en l’appelant, vaut parfois bien plus que les truites qu’on rapporte pour le souper », explique Styven, les yeux brillants.

Enfin, il concède qu’il faut une certaine forme physique pour pratiquer ce métier, car les journées sont longues et les chaloupes et les moteurs ne se déplacent pas par magie. Il est tout aussi important d’avoir le sens de l’observation et un penchant pour les tâches manuelles.

Des femmes, y en a-t-il dans ce métier? Styven n’en connaît pas. Il avoue que certains employeurs sont plus réticents à engager des femmes en tant que guide dans le monde de la chasse et de la pêche, généralement vu comme un monde d’hommes. Toutefois, il pense que les femmes auront l’occasion de prendre davantage leur place avec l’arrivée de clientèles plus familiales ainsi que dans les postes d’accueil et de contrôle des territoires de chasse.

Formation
Styven recommande une formation professionnelle en protection et exploitation de territoires fauniques ou encore le programme d’études collégiales en techniques d’aménagement cynégétique et halieutique. « Il n’y a pas de formation obligatoire pour être guide, mais il est très rare qu’un employeur engage un guide de chasse et pêche sans formation, à moins qu’il ne soit de l’ancienne génération. De plus, le guide de pêche doit avoir ses cartes d’embarcation et une formation de premiers soins est souvent exigée », fait-il remarquer. Par la formation, l’étudiant pourra obtenir ces certifications. Les techniques de chasse et de pêche, les lois, la survie en forêt, le maniement d’armes à feu et la manutention du propane sont autant de sujets abordés dans les cours. L’expérience se bâtit au fil du temps et les stages effectués au cours de la formation donnent aussi une base solide à l’étudiant.

« J’apprécie beaucoup le côté réglementation de la formation. Quand je sors sur le terrain, et pas toujours dans le cadre de mon travail, je vois souvent des gens qui sont mal informés sur la réglementation, par exemple sur la décharge d’arme à feu. Il faut être capable d’informer les gens à propos des règlements municipaux, provinciaux et fédéraux. Quant à la connaissance de la biologie animale, elle me permet de développer de nouvelles techniques de chasse et de pêche » commente Styven. Il ajoute que l’apprentissage de l’anglais est certainement un atout, car il n’est pas rare d’avoir des clients anglophones.

Horaire et milieu de travail
Le guide de chasse et pêche travaille sur de courtes mais intenses périodes. Dans le secteur Croche-McCormick, lieu d’affectation de Styven, les guides sont au service des clients presque 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pendant 2 mois consécutifs. « Nos journées commencent tôt le matin et on ne sait jamais à quelle heure elles se termineront. Il n’y a pas d’horaire prédéfini, ça dépend des clients et de l’efficacité de la pêche. » Lorsque la journée de Styven se termine plus tôt, il en profite pour poursuivre certaines tâches d’entretien sur le terrain.

Styven avoue ne pas avoir à se plaindre quant à son milieu de travail. Il partage un chalet équipé de toutes les commodités (douche, éclairage, chauffage, barbecue, etc.) avec l’un de ses collègues. Et les moustiques? « Lorsqu’on est passionné et attentif à ce que l’on fait, on n’y porte même plus attention », rétorque-t-il, bien convaincu. Cependant, il avoue qu’il doit travailler par n’importe quel temps, qu’il fasse froid ou qu’il pleuve. À son grand bonheur, il n’aura jamais à mettre le pied dans un bureau. « Je me tiens loin de ça », lance-t-il à la blague.

Rémunération
Le salaire et le mode de rémunération varient en fonction du lieu de travail. La rémunération se fait généralement selon un taux horaire. « Je dépasse souvent mon temps de travail hebdomadaire, ce qui m’amène à cumuler des heures supplémentaires, payées en temps et demi ou en temps double », souligne-t-il. Le salaire hebdomadaire moyen de Steven lorsqu’il pratique son métier de guide à plein temps tourne autour de 700 $, pourboires inclus. « Dans les régions éloignées, comme le Nord-du-Québec et l’île d’Anticosti, les salaires sont aussi très intéressants et beaucoup y vont pour cette raison, bien qu’ils doivent demeurer loin de leur famille pour quelque temps ».

« Le salaire annuel dépend aussi de la constance du travail. Les guides de chasse et pêche sont souvent portés à faire des périodes de chômage de 2 à 6 mois, mais pour ceux qui sont prêts à se déplacer et à occuper des emplois connexes, il est possible de travailler toute l’année », mentionne-t-il. « Cependant, lorsqu’on travaille sept jours sur sept pendant deux mois, on a parfois envie de prendre des vacances pour nos propres loisirs, pour voir notre famille ou pour perfectionner certaines techniques », rétorque Styven.

Lorsque qu’il travaille dans la réserve faunique des Laurentides, tout le matériel de travail est fourni par l’employeur, mais comme Styven est un passionné, il aime beaucoup se perfectionner et donner un service professionnel en tout. « Il m’arrive d’acheter du matériel particulier, un poêlon adapté pour cuisiner sur les plages des lacs par exemple, mais ces choses nous restent. Parfois même, les employeurs y prennent goût et en viennent à se le procurer eux-mêmes », mentionne-t-il.

Défis et perspectives
« Pour celui qui est prêt à y mettre l’effort nécessaire, du travail, il y en a. Il suffit de postuler un peu partout. Quand j’ai terminé mon cours, j’ai posé ma candidature dans trois réserves fauniques et j’ai reçu trois appels en deux jours. J’ai alors pu choisir la réserve faunique des Laurentides. » Pour quelqu’un qui veut se spécialiser, il est toujours possible de développer de nouveaux produits, de participer à des reportages télévisés comme l’a déjà fait Styven pour RDS ou d’écrire des articles sur les techniques de chasse et de pêche. « Personnellement, je me spécialise dans la chasse des oiseaux migrateurs. J’ai aussi commencé à capter des images pour éventuellement faire des DVD », ajoute-t-il.

De plus, « on assiste à une amélioration constante des conditions de travail grâce au perfectionnement de l’équipement et des véhicules tout-terrains qui facilitent le travail, notamment lorsqu’il s’agit de sortir les gros gibiers de la forêt », précise Styven. La clientèle semble aussi se diversifier. « Les gangs de gars qui veulent attraper leur quota sont de moins en moins présents. On fait face au défi de répondre aux besoins d’une clientèle plus diversifiée et plus familiale. »

Conseils
« Pour être à l’aise dans ce métier, il faut être un amant de la nature et un passionné de plein air. » Styven recommande également à toute personne intéressée par le métier d’aller vivre une expérience de chasse ou de pêche guidée pour savoir de quoi il en retourne réellement. « Lorsqu’on se lance, on doit y aller à fond et toujours avoir en tête qu’il faut s’améliorer, c’est ça la clé du succès. C’est ce qui fait qu’on peut évoluer très rapidement. Il y a toutes sortes d’aventures à vivre et très peu de routine dans ce domaine. On part souvent avec l’idée qu’il n’est pas toujours facile de trouver de l’emploi, mais c’est faux, il suffit de foncer. Il faut simplement être capable de jongler avec un horaire très variable et de naviguer à travers les obstacles », conclut-il.

 

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